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Logiciel métier

Rachat de PC Soft et redevance WinDev : faut-il quitter WinDev en 2026 ?

James
JamesFounder & CEO
10 septembre 20268 min de lecture
Rachat de PC Soft et redevance WinDev : faut-il quitter WinDev en 2026 ?

Si vous éditez ou exploitez un logiciel construit avec WinDev, WebDev ou WinDev Mobile, vous avez probablement reçu un devis étrange ces derniers mois. Ou un email d'un confrère inquiet. Ou vous avez vu passer la pétition de la Wx Alliance. Voici, dans l'ordre, ce qui s'est passé chez PC Soft depuis fin 2024, ce que ça change pour votre budget, et ce que vous pouvez raisonnablement faire maintenant.

Ce qui s'est passé, dans l'ordre

Novembre 2024 : un rachat discret

Two Squared France II, un véhicule de Volaris Group, prend le contrôle de PC Soft. Volaris est une filiale de Constellation Software, un groupe canadien coté à Toronto qui a racheté plus d'un millier d'éditeurs de logiciels depuis sa création. Aucune annonce n'est faite. Les clients l'apprendront six mois plus tard.

Début 2025 : fin des licences perpétuelles

Le dongle physique, qui symbolisait la licence perpétuelle WinDev depuis vingt-cinq ans, disparaît. WinDev, WebDev et WinDev Mobile passent à l'abonnement annuel payé d'avance. La Wx Alliance, l'association de développeurs qui s'est constituée à cette occasion, calcule un abonnement d'environ 1 068 euros par an et par développeur, contre 749 euros pour une mise à jour annuelle auparavant. Soit une hausse d'un peu plus de 40 %.

Mai 2025 : PC Soft confirme

Après les révélations de la presse spécialisée, PC Soft reconnaît publiquement le rachat. La communication reste minimale.

Juin 2026 : la redevance sur les applications déployées

C'est le point qui a tout fait basculer. Avec la version 2026, PC Soft annonce une redevance sur le module d'exécution, c'est-à-dire sur chaque poste ou chaque session qui fait tourner une application développée avec ses outils. Les montants qui circulent vont de 100 à 290 euros HT par poste. Aucune grille officielle n'a été publiée : les tarifs publics disparaissent au profit du devis, et les packs deviennent obligatoires (WinDev, WebDev, WinDev Mobile, support et certification ensemble, sans achat à la carte). Les sujets « redevance » sont supprimés du forum officiel.

La nouveauté n'est pas tant la hausse que le périmètre : la redevance viserait les clients finaux de vos logiciels, des entreprises qui n'ont jamais signé quoi que ce soit avec PC Soft et qui, souvent, ignorent que l'outil qu'elles utilisent repose sur WinDev.

30 juin 2026 : une question écrite à l'Assemblée nationale

Un député demande au gouvernement une enquête d'urgence. Sa question cite l'Éducation nationale, les Hôpitaux de Paris, des CPAM, ainsi que Safran, Thales et Dassault Aviation parmi les utilisateurs de WinDev, et parle d'un « racket systématisé à l'échelle d'un écosystème ». La pétition de la Wx Alliance dépasse les 1 600 signatures, et l'association a adressé vingt questions écrites à PC Soft, restées sans réponse.

Ce que ça change concrètement pour un éditeur métier

Prenons un cas courant : un éditeur régional avec trois développeurs et 200 postes déployés chez ses clients.

  • Avant le rachat : trois mises à jour annuelles, environ 2 250 euros par an. Le reste était payé une fois pour toutes.
  • Abonnement 2026 : trois abonnements développeur, environ 3 200 euros par an. Désagréable, mais absorbable.
  • Redevance runtime : 200 postes multipliés par 250 euros, si l'on retient une hypothèse médiane parmi les montants évoqués, soit 50 000 euros par an. C'est cette ligne qui change l'ordre de grandeur.

Ces chiffres sont une hypothèse construite à partir des montants relayés par Next, Programmez et la Wx Alliance. PC Soft n'a pas publié de grille officielle à la date de cet article. Votre situation dépendra du devis que vous obtiendrez, et c'est précisément le problème : vous ne pouvez plus budgéter.

Il y a un second effet, moins visible. Constellation Software applique, selon les analyses publiées sur ses pratiques, une hausse tarifaire annuelle d'environ 6 % sur les éditeurs qu'il acquiert, et cesse d'investir dans les fonctionnalités qui n'augmentent pas la disposition à payer. Ce n'est pas une prédiction sur PC Soft, c'est la méthode documentée du groupe sur ses mille acquisitions précédentes.

Pourquoi « attendre de voir » coûte plus cher chaque année

Le vrai problème n'est pas la hausse de prix. C'est que vous ne pouvez pas partir facilement, et que PC Soft le sait.

  • Le WLangage n'existe nulle part ailleurs. Il n'y a pas de convertisseur sérieux, pas de communauté open source, pas d'autre éditeur qui le supporte.
  • Vos règles métier sont enfermées dans les traitements des fenêtres, accumulées sur quinze ou vingt ans, souvent sans documentation.
  • L'accès à votre propre code source dépend désormais de la continuité de l'abonnement. Si vous arrêtez de payer, vous ne pouvez plus ouvrir votre projet.

Chaque année d'attente augmente donc le montant du chèque, et réduit votre marge de négociation. Une entreprise qui a commencé à migrer est en position de force pour discuter avec PC Soft. Une entreprise qui n'a pas d'alternative ne négocie pas, elle subit.

Les trois options sur la table

Rester et négocier

C'est légitime si votre application est stable, que le nombre de postes est faible, et que vous n'avez pas de projet d'évolution. Dans ce cas, obtenez un engagement écrit sur les tarifs à trois ans, et vérifiez ce qu'il advient de votre code source en cas de rupture. D'après les informations disponibles, les versions antérieures à 2026 conservent leur licence perpétuelle : ne faites pas la mise à jour tant que vous n'avez pas décidé.

Tout réécrire à la main

C'est la réponse instinctive, et c'est celle qui échoue le plus souvent. Le projet de réécriture de dix-huit mois pendant lequel le legacy continue d'évoluer, la cible court après, et le budget s'épuise à 70 % du chemin. Nous avons écrit un article entier sur pourquoi les refontes échouent, et les raisons sont les mêmes pour WinDev.

Migrer avec une chaîne de production

C'est l'option que nous recommandons dans la plupart des cas, à condition de ne pas la mener comme une réécriture à la main. L'application est découpée en unités (un écran, un endpoint, une page) pour organiser le travail et prouver l'équivalence de chaque morceau avec l'existant. Votre application WinDev reste en production, inchangée, pendant toute la migration. La nouvelle application est livrée complète, avec les données HFSQL migrées vers PostgreSQL, puis mise en service en une bascule planifiée. Ce qui rend l'exercice tenable, c'est la vitesse : quelques mois, pas dix-huit, donc peu de dérive entre le legacy et la cible.

Comment nous menons une migration WinDev sans refaire le projet qui s'arrête à 70 %

Ce qui a changé ces deux dernières années, c'est que l'IA permet de faire le reverse engineering d'un projet WinDev à une vitesse qui n'était pas envisageable avant. Mais confier le projet à un assistant en lui demandant de « migrer l'application » ne marche pas : le résultat compile parfois, et les règles métier oubliées ne se voient qu'en production, chez vos clients.

Notre approche est une chaîne de production, pas un prompt :

  1. Découpage en petites unités, chacune livrable et testable seule.
  2. Reverse engineering automatique : des dizaines d'agents explorent le code WLangage en parallèle pour cartographier les dépendances, extraire les règles métier et reconstituer les scénarios de test.
  3. Plan d'implémentation produit par un agent architecte à partir de nos standards et de ce qui a déjà été migré, puis relu par un développeur.
  4. Génération du code par l'IA, avec typage, lint et tests automatiques comme conditions de passage.
  5. Validation humaine : relecture et test d'équivalence avec l'ancien système, sur les scénarios extraits du legacy. Le contrôle est volontairement serré au début du projet.
  6. Amélioration continue : chaque erreur est remontée à sa cause, et on corrige le prompt, le standard ou l'agent qui l'a produite.

Le résultat est une migration environ trois fois plus rapide qu'une réécriture classique, un code qui vous appartient sous licence open source, et plus aucune redevance à l'arrivée. Le détail de la méthode, les stacks cibles (React avec NestJS, Laravel ou Symfony) et une FAQ sont sur notre page migration WinDev.

Par quoi commencer cette semaine

  • Inventoriez ce que vous avez : nombre de projets WinDev, de fenêtres, de tables HFSQL, de postes déployés chez vos clients. C'est la base de toute discussion, avec PC Soft comme avec un prestataire.
  • Relisez votre contrat et vos conditions de licence actuelles. Vérifiez si vous êtes sur une version antérieure à 2026 et ce que vous conservez.
  • Demandez un devis écrit à PC Soft pour le modèle 2026, avec le détail de la redevance runtime. Un refus ou un flou est déjà une information.
  • Faites chiffrer la migration sur un inventaire, pas au doigt mouillé. Un audit de deux à trois semaines donne le nombre d'unités, les risques, et un prix global construit unité par unité. L'audit est un engagement séparé : vous pouvez le faire, lire le chiffrage, et décider ensuite.
  • Comparez sur trois à cinq ans, pas sur un an. Face au modèle 2026, la migration se finance souvent seule.

Si vous voulez un avis extérieur sur votre situation, nous proposons un échange de trente minutes pour inventorier votre application et vous dire honnêtement si la migration a du sens dans votre cas, ou si rester est la bonne décision.

Sources

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